Système Solaire 2004 - L'univers est-il rempli de vide
?
« Système Solaire 2004 - L’univers est-il rempli de
vide ? »
On peut lire que la préhistoire du cosmos était un
univers primitif froid et sombre, parcouru d’ondes
désordonnées comme un océan agité. La
superposition d’ondes crée une condensation localisée
suivi d'un effondrement gravitationnel. Cette force mouvementée
crée des bulles de pré Big-Bang. Une de ces bulles
connaît alors un Big Bang, une phase de transition d’un univers
froid vers un univers extrêmement chaud. C'est l’énergie
produite lors de cette phase de transition qui aurait permis à
la matière de naître et à l'univers de
connaître une expansion régulière continue pendant
15 milliards d’année.
Dans cette théorie, il y aurait d’autres bulles, à
l’infini, en dehors de la bulle qui aurait engendré notre
univers. De plus, notre espace, dont la dimension est
déjà démesurée, contient de nombreux trous
noirs qui pourraient donner naissance à de nouveaux univers. Des
univers qui auraient eux-mêmes une descendance cosmique. Ces
concepts conduisent notre imagination vers des univers
parallèles, où nous existerions aussi dans d'autres
dimensions, comme en décrit la science fiction.
Notre imagination sur la nature de l'univers se déploie
aussi largement que l'univers en expansion... et en complet contraste
avec la réalité de l’exploration spatiale dynamique, qui
n'a pas encore dépassé la planète Mars. On sait
que notre système solaire compte 9 planètes qui
totalisent 60 lunes... et en réalité les scientifiques ne
sont pas sûrs de ces chiffres et sont encore en train de
découvrir le système solaire, mais sans pouvoir quitter
la terre...
A Mellé, suivant le thème de l’exposition en 2004, en
partant de l’idée de l’espace, j’ai conçu une oeuvre
intitulée « Système Solaire » qui
s'étend autour de l’étang et sur l'étang. C’est
une mise en forme du concept des bulles de pré Big-Bang de la
préhistoire de cosmos. Comme dans la préhistoire du
cosmos, tout commence par l'apparition de bulles. A partir du moment
où l’enveloppe de la bulle s’est constituée, l’isolation
par rapport au monde extérieur favorise l'apparition d'autre
chose. Ici, les bulles sont remplies d’air, et l’air est rendu visible
par sa nouvelle peau de plastique. Selon le titre de cette
installation, l’emplacement des bulles simule la configuration des
planètes dans notre système solaire. Le diamètre
du soleil fait 14 millions de kilomètres; la distance entre le
soleil et le Pluton est de 5900 millions de kilomètres; Pluton
fait le tour du soleil en 248 années terrestres. Cette
démesure est indirectement suggérée par la place
que l'installation « Système Solaire »
occupe, avec le visiteur, à l'intérieur du vrai
système solaire. Et de là, elle réagit à
l'influence du notre soleil lointain et gigantesque : parmi les petites
lunes flottant sur l’eau, certaines se chargent de l’énergie des
rayons solaires pendant la journée et brillent dans
l’obscurité nocturne. De nuit, en parcourant l'installation,
cherchez ces lunes flottantes du faisceau de votre lampe torche. En
éteignant votre torche, vous les trouverez plus brillantes.
Même la faible lumière d'une lampe torche dégage
suffisamment d'énergie pour activer autre chose.
Coupée du cycle de renouvellement de l'air
atmosphérique par sa peau de plastique, chaque bulle est remplie
d’air, une matière invisible et indispensable à notre
vie. Selon des chercheurs australiens qui ont effectué leurs
calculs à partir de trente sites dans le monde, le gaz
carbonique (à puissant effet de serre) relâché dans
l’atmosphère l’an dernier est en augmentation de 40%. Si l'on
ignorait ce chiffre inquiétant, la gravité de cette
évolution passerait inaperçue car l'air est invisible.
Dans ce beau lieu de Mellé, en arrêt devant des
planètes et des lunes comme remplies du vide de l'espace,
donnons-nous un petit moment pour penser l’invisible qui partout nous
entoure.
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